La Ligue des Ecureuils Extraordinaires

Forum dédié aux usagers de BLOGS@PART.Ouvert à tous ceux qui ne sont pas fermés et déconseillé aux autres.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Point de vue d'un européen du Sud sur la Social-démocratie, Marx et la compétitivité...

Aller en bas 
AuteurMessage
Ketty Méndez



Messages : 19
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Point de vue d'un européen du Sud sur la Social-démocratie, Marx et la compétitivité...   Sam 10 Nov - 9:56

"Marx, tout comme d'autres auteurs classiques, considérait que les règles du jeu du capitalisme et en particulier le moteur de la concurrence, obligerait les entreprises à lutter entre soi augmentant l'exploitation des travailleurs : Si l'objectif de l'entreprise est de maintenir ou amplifier l'espace de rentabilité, il devient donc nécessaire de survivre dans la jungle de cette guerre de compétitivités. Dans le cas ou une entreprise s'égare et se montre moins offensive à cette tâche, supposons, par exemple, en augmentant les salaires, les entreprises concurrentielles peuvent prendre l'avantage et profiter pour réduire ses coûts en relation à l'entreprise en question.

Ces coûts réduits se traduiront en plus de ventes et en conséquence en plus de bénéfices compte tenu que les acheteurs préfèrent le produit le moins cher au plus cher. En connaissance de quoi, l'entreprise devra réagir en ramenant ses coûts au niveau de ceux de ses rivaux. C'est-à-dire, en revenant sur les hausses des salaires. La menace étant, dans le cas contraire, de disparaître en tant qu'entreprise.

Pour ces raisons soulignées, Marx et les classiques considéraient que la tendance du salaire était d'atteindre un niveau de simple subsistance. La coercition de la concurrence conduirait toutes les entreprises à atteindre les équilibres de marché où le salaire resterait totalement déprimé maintenant ainsi les conditions de précarité absolue pour les travailleurs. De plus, étant donné que la coercition de la concurrence obligeait aussi à réinvestir les bénéfices des entreprises, Marx, ajoutait à la prédiction de salaires de subsistance le fameux avertissement sur lequel le capitalisme était en train de creuser sa propre tombe en s'appliquant la loi de la tendance de décroissance de la taxe sur les gains.

Mais le développement du système capitaliste sous la tendance de la concentration et centralisation (entreprises chaque fois plus grandes créant de monopoles ou oligopoles) ajouté à l'arrivé au pouvoir de partis de la social-démocratie et l'application de reformes qui avaient comme objectif de palier aux conséquences de ce développement, montrèrent une réalité bien différente à celle que Marx avait prédit. Les thèses de révisionnistes comme Bernstein apparaissaient triomphantes selon la croyance, apparemment prouvée, comme quoi le capitalisme pouvait se domestiquer pour éviter le noir obscur que prédisait le marxisme original.


Ce qui est certain c'est que l'émergence de grandes entreprises créant de monopoles réussit à neutraliser la dynamique compétitive que, selon Marx, devrait avoir conduit à de salaires de subsistance pour les travailleurs. Dans un environnement de monopole il n'est pas nécessaire de lutter pour réduire les coûts du travail et en conséquence il est possible de partager certains espaces de gains avec les travailleurs si les institutions, comme l’État, font pression pour qu'il soit ainsi.

Le problème qui peut émerger a plus à voir, comme notèrent les auteurs néo-marxistes (Sweezy, Foster, Magdoff), avec l'accumulation de gains de la part du capital qui ne peut plus trouver des espaces d'inversion (thèse de la sous-consommation). Dans tous les cas, dans ce cadre de manque de concurrence les salaires ne tendent pas vers les niveaux de subsistance. La social-démocratie et l’État de bien-être peuvent survivre, même si le poids de cet effort repose sur la surexploitation des ressources naturelle et sur les pays en développement.

Nonobstant, entre les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix la chute de ce qui fut appelé socialisme réel et la crise des organisations des gauches conduisit à l'hégémonie néolibérale et à la mise en route de politiques économiques que promouvaient la libre circulation de capitaux de par le monde. C'était la mise en mouvement d'un nouveau espace de globalisation financière et productive, où la concurrence revenait et reprenait une place centrale dans l'activité économique.

Les entreprises de tous les pays développés, inclues celles qui avaient maintenu longtemps leurs monopoles, furent obligées de rentrer à nouveau sur le champs de la lutte de compétitivités. Et ce nouveau cadre conduisit à nouveau à remettre en vigueur la dynamique propre au capitalisme et, en conséquence, à la validation de la prédiction originale de Marx : De par tout les entreprises luttaient pour réduire leurs coûts du travail pour pouvoir vaincre dans une compétition qui maintenant confrontait les entreprises du monde entier. C'est celui qui continue d'être notre contexte actuel. Celui que nous appelons le capitalisme sauvage ou capitalisme sans masque.

Ce cadre de libre concurrence mondiale transcende aux États et, en conséquence, annule de facto la capacité de la social-démocratie à affronter cette dynamique à travers l'activité parlementaire, c'est-à-dire, supprime la capacité des institutions d'état à domestiquer le capitalisme...

Le reste à lire ici :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
samines

avatar

Messages : 43
Date d'inscription : 22/10/2012
Age : 61
Localisation : Poitiers

MessageSujet: Re: Point de vue d'un européen du Sud sur la Social-démocratie, Marx et la compétitivité...   Sam 10 Nov - 10:08

Bonjour Ketty.
Texte tout à fait lucide.
.
Plus surprenant parce qu'allant dans le même sens, cet article paru sur le site...du FMI.
Dans un article mis en ligne en tant que "IMF Working paper" (que l'on pourrait traduire par "document de travail du FMI"), Jaromir Benes and Michael Kumhof proposent rien moins que poser une bombe : une méthode pour annuler les dettes souveraines !!

Intitulé "The Chicago plan revisited", le papier est ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

C'est un document pdf vraiment technique. mais si on passe sur les formules mathématiques, on y découvre que ce que disent les auteurs est assez simple : il serait possible, en toute légalité et selon les univers juridiques actuels, en créant de la monnaie d'Etat pour remplacer le système privé, d'annuler toutes les dettes.
.
Si si, sur le site du FMI !
.
Comble de l'hétérodoxie, ils font référence à la dépression des années trente pour montrer que la création richesse par des cycles de crédit fabrique un cercle vicieux et que la solution d'effacement de la dette est une solution déjà mise en place avec succès par les athéniens en 599 av JC et les mésopotamiens encore avant...
.
Une analyse un peu plus complète est disponible ici
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
 
Point de vue d'un européen du Sud sur la Social-démocratie, Marx et la compétitivité...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Rail de mise au point pour macro
» Bague pour objectifs OM avec indication de la Mise au Point
» Notre asso "point de croix et compagnie" de Lorient
» [Sondage] De l'usage du clignotant en rond-point ...
» poules et poulettes au point de croix

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Ligue des Ecureuils Extraordinaires :: Les gens :: Esquisse d'une réflexion : comment pense-t-on ce que l'on pense ?-
Sauter vers: